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Pourquoi le Wi-Fi de votre entreprise rame en fin de journée

Ce n'est presque jamais le débit de l'abonnement. C'est le nombre d'appareils par borne, le canal, et un placement décidé par le hasard.

Par Rochambeau WITTA5 min de lecture

Le scénario est reconnaissable : le matin tout va bien, et à partir du milieu de l'après-midi les visioconférences se hachent, les fichiers montent au ralenti et quelqu'un finit par proposer d'augmenter le débit de l'abonnement.

C'est presque toujours la mauvaise correction, parce que c'est presque toujours le mauvais diagnostic. Cet article vous permet de décrire correctement le problème — à un prestataire ou à votre service informatique — et d'écarter les fausses pistes avant de dépenser quoi que ce soit.

Le débit n'est presque jamais en cause

Il faut séparer deux choses que le langage courant confond.

Le débit de l'abonnement est ce qui entre dans le bâtiment. C'est le chiffre que vend l'opérateur.

La capacité du réseau local est ce qui circule entre vos appareils et les bornes Wi-Fi. C'est un espace partagé : quand quinze personnes s'y trouvent, personne ne dispose de la totalité.

Le test qui tranche en deux minutes : branchez un ordinateur au réseau par un câble et refaites un test de vitesse au moment où tout le monde se plaint. Si le résultat est correct en filaire et mauvais en Wi-Fi, l'abonnement est hors de cause, et augmenter le débit ne changera rien.

Quatre causes de lenteur Wi-Fi et leur correction.
Trois de ces quatre corrections ne coûtent rien : elles tiennent au réglage et au placement.

Cause 1 — trop d'appareils par borne

Une borne Wi-Fi ne parle qu'à un appareil à la fois. Elle passe de l'un à l'autre très vite, ce qui donne l'illusion de la simultanéité, mais le temps de parole se partage : plus il y a d'appareils actifs, moins chacun en obtient.

Le comptage réel surprend souvent. Chaque personne apporte un ordinateur et un téléphone, parfois une tablette ; s'y ajoutent les imprimantes, les caméras, les écrans de réunion et les objets connectés que personne ne recense. Une salle de vingt personnes atteint couramment cinquante appareils.

Un appareil inactif consomme peu, mais il consomme : il se signale régulièrement. Le premier geste utile est donc de compter ce qui est connecté, dans l'interface de votre borne ou de votre routeur, et de constater l'écart avec ce que vous imaginiez.

Cause 2 — les canaux saturés

Le Wi-Fi utilise deux bandes de fréquences, et elles ne se comportent pas de la même façon.

La bande 2,4 GHz porte loin et traverse bien les murs, mais elle est étroite : quelques canaux seulement, partagés avec tous vos voisins, ainsi qu'avec les micro-ondes et certains équipements sans fil. Dans un immeuble de bureaux, elle est souvent inutilisable en journée pour cette seule raison.

La bande 5 GHz porte moins loin et traverse moins bien, mais elle offre beaucoup plus de canaux — donc beaucoup moins de voisins sur le vôtre.

Le constat est gratuit : une application d'analyse Wi-Fi, disponible sur n'importe quel téléphone, affiche les réseaux environnants et le canal de chacun. Si dix réseaux occupent le même canal que le vôtre en 2,4 GHz, vous tenez une partie de l'explication.

Deux corrections, sans achat : choisir manuellement un canal moins occupé plutôt que de laisser la sélection automatique, et vérifier que vos appareils récents utilisent bien le 5 GHz. Beaucoup restent accrochés au 2,4 GHz parce que les deux bandes portent le même nom de réseau et que le signal y paraît plus fort.

Cause 3 — le placement

Une borne posée là où arrivait la prise réseau, il y a six ans, n'est pas un choix : c'est un hasard qui a duré.

Trois règles suffisent. Une borne se place en hauteur et dégagée, pas dans un placard technique ni derrière un écran métallique — le métal et l'eau arrêtent le signal, et les corps humains contiennent surtout de l'eau. Elle se place au centre de la zone à couvrir, pas à une extrémité, sans quoi la moitié de sa portée part dans le parking. Et deux bornes trop proches sur le même canal se gênent mutuellement : ajouter du matériel sans réfléchir au placement aggrave parfois la situation.

La vérification est empirique et fiable : parcourez les bureaux avec un téléphone en regardant l'indicateur de signal, aux endroits où les gens travaillent réellement. Les zones faibles se repèrent en dix minutes, et elles correspondent rarement à ce qu'on croyait.

Cause 4 — tout le monde sur le même réseau

Un seul réseau pour les postes de travail, les téléphones personnels, les visiteurs, les caméras et les objets connectés pose deux problèmes à la fois.

Le premier est de sécurité : le téléphone d'un visiteur se retrouve sur le même réseau que vos serveurs de fichiers.

Le second est de performance, et on l'oublie : un appareil qui télécharge une mise à jour de plusieurs gigaoctets consomme du temps de parole que les autres n'ont plus. Séparer un réseau invité — fonction présente sur pratiquement tout matériel professionnel — permet de lui donner une priorité moindre, et met les usages personnels hors du chemin des usages de travail.

Ce qui se corrige sans budget

ActionCoûtEffet attendu
Choisir un canal moins occupéAucunImmédiat si le voisinage sature la bande
Basculer les appareils récents en 5 GHzAucunNet en environnement dense
Déplacer et dégager une borneAucun ou faibleFort sur les zones mal couvertes
Créer un réseau invité séparéAucunModéré, et gain de sécurité
Passer les postes fixes en filaireFaibleLibère du temps de parole pour les mobiles
Ajouter une borneRéelSeulement après les cinq lignes ci-dessus

L'ordre compte. Acheter du matériel avant le diagnostic revient parfois à ajouter une source d'interférence à un réseau qui souffrait déjà d'interférences.

Si la lenteur suit l'heure de la journée, cherchez du côté de la saturation. Si elle suit l'endroit où l'on se trouve, cherchez du côté du placement. Les deux se constatent gratuitement, en une demi-heure.

Quand il faut vraiment intervenir sur l'infrastructure

Trois situations justifient un investissement : une surface trop grande pour être couverte par une ou deux bornes, un nombre d'appareils simultanés qui dépasse durablement ce qu'un matériel grand public sait tenir, et un besoin de continuité — visioconférence permanente, terminaux de production, téléphonie sur le réseau — où l'interruption a un coût direct.

Dans ces cas, ce qui change n'est pas la puissance des bornes mais leur nombre, leur répartition et leur gestion coordonnée. C'est le sujet de notre page Installation Réseau & Connectivité. Si vous hésitez sur le diagnostic, décrivez-nous le symptôme — l'heure, l'endroit, le nombre de personnes : c'est ce qui permet de répondre sans se déplacer.

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